Date de naissance : 1835 à (Haute Savoie) Décès : 1901 à Mirecourt (Vosges)

Biographie

Maurice MERMILLOT est né le 2 mars 1835 à Serraval, commune de Haute-Savoie.
GRILLET, sans plus de détails, nous apprend qu'il est "venu très jeune à MIRECOURT", où il fait son apprentissage dans l'atelier de GAILLARD. (1)

Vers 1855 il vient à Paris pour travailler chez J.B. VUILLAUME, puis dans l'atelier de GAND (1), toutefois, dans les deux cas, ces séjours n'ont pu durer que peu de temps, car c'est aussi l'année de ses 20 ans, l'âge auquel il doit s'acquitter de ses obligations militaires.
En 1855, le Royaume de Sardaigne, dont faisait partie le duché de Savoie, avait mis en place un système de conscription militaire. Pour ceux qui y étaient assujettis, la durée de ce service était de quatre ans.

C'est pendant son service, passé au Piémont, qu'il visite l'atelier de GUADAGNINI à Turin, où il aurait travaillé un certain temps (1). Si cette relation n'est pas attestée avec certitude, elle demeure vraisemblable : en 1859, Mermillot ayant terminé son service, dispose de deux années avant de rejoindre, en 1861, l'atelier de Nicolas VUILLAUME.

La date de son retour à Paris reste difficile à préciser. Certains la situent en 1872, à l’occasion de son entrée dans la prestigieuse maison GAND & BERNARDEL, mais on trouve des violons "Aux Armes de Paris" antérieurs à cette date, avec des étiquettes datées de 1870.
Quant à son établissement, en 1876, rue d'Argout, nous n'avons pu trouver à ce jour aucune confirmation.
L’étiquette mentionnant l’adresse du 15, rue Fontaine-au-Roi à Paris, visible dans les "Cozio Archives" (2), ne semble apparaître que sur un seul instrument connu à ce jour (voir iconographie).

En 1885, il devient chef d’atelier de la maison GAUTROT Aîné et Cie, qui deviendra COUESNON & Cie en 1887. Là, tout en poursuivant sa propre production, il développe une ligne d’instruments fondée sur son modèle personnel. Il reste toutefois difficile de déterminer avec précision la durée de cette collaboration. En 1889, l’obtention d’une médaille d’argent à l’Exposition universelle de Paris, en tant que collaborateur de cette maison, laisse supposer qu’il y est encore actif à cette date. (3)

À partir de 1890, on trouve des violons portant une étiquette indiquant son domicile au 18, rue Moret. On y lit que ses instruments bénéficient d’un « Nouveau système », breveté.
Celui-ci est présenté comme une « pièce de correspondance » entre l’âme et la barre, « comme un petit pont grâce auquel, lorsqu’on joue sur une corde quelconque, toutes les vibrations de la table se transmettent par l’âme, sans affaiblissement » (4) (voir Iconographie).

L’obtention d’une médaille d’or, en tant que collaborateur de COUESNON, à l’Exposition de 1900, ne fait qu’ajouter au mystère des liens unissant MERMILLOT à cette maison.

S’étant retiré à MIRECOURT, MERMILLOT y décède le 27 septembre 1901. (5)

Travaux
En première période, le style de ses instruments reste fortement marqué par l’influence de son apprentissage chez GAILLARD, tant par le modèle que par la couleur et le traitement du vernis en copie d’ancien.
À partir de 1872, les FF se redressent, le modèle s’élargit, et le vernis, généralement plein, varie de l’orangé au rouge-orangé.
Si l’on rencontre quelques instruments inspirés de Guarneri del Gesù, l’essentiel de sa production se réfère à Antonio Stradivari.
La qualité régulière de son travail sera récompensée en 1900 par l’obtention d’une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris.

Étiquettes et marque au fer
- Maurice MERMILLOT / 51, Rue Fontaine-au-roi, 51 / Paris
- 1870 à 1895 : Antonius Stradiuarius / Maurice MERMILLOT Luthier A Paris, Blason de la ville de Paris avec devise sous-jacente "AUX ARMES DE PARIS", daté et numéroté à l'encre
- à partir de 1895 : NOUVEAU SYSTEME Breveté S.G.D.G./ M. MERMILLOT Luthier 18 RUE MORET, 18 PARIS. Signé et daté à la plume sur l'étiquette.
Rarement, un paraphe peut être trouvé à l'intérieur de ses instruments.

Honneurs et récompenses
1889 Médaille d'Argent. Exposition Universelle de Paris
(Collaborateur Maison Couesnon &Cie) (3)
1900 Médaille d'Or. Exposition Universelle de Paris
(Collaborateur Maison Couesnon &Cie) (3)

Sources
(1) (Grillet Laurent 1901)
(3) Malou Haine. Tableau des expositions de 1798 à 1900. Avril 2008
(4) Claudia Fritz, Stéphanie Moraly (Dir.). Le violon en France du XIXe siècle à nos jours. Sorbonne Université Presses
(5) Archives des Vosges. (voir iconographie)


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