Date de naissance : 1842 à Reims (Marne) Décès : 1920 à Toulon (Var)

Résumé

Connu comme : GUARINI

Biographie

Carrière
Emile MENNESSON est issu d'une famille de marchands de musique et de facteurs de pianos de Reims. Lors de ses premiers pas dans le monde professionnel il poursuit l'activité familiale, tout en cultivant un intérêt particulier pour les instruments de la famille des violons. On retrouve sa signature, ainsi que certains détails de réparations, à l'intérieur de plusieurs instruments restaurés.

Selon William BRADBRIDGE, luthier et expert à Reims, MENNESSON aurait personnellement fabriqué des violons durant une pèriode relativement courte, au début de sa carrière. Ce qui est certain c'est qu'il était étroitement lié à MIRECOURT, ville qu'il visitait régulièrement. C'est là, nous dit BRADBRIDGE, qu'il fit son apprentissage et reçut le pseudonyme professionnel de "GUARINI". (1)

M. Roland TERRIER, luthier et spécialiste de l'histoire de la lutherie à MIRECOURT, nous informe que MENNESSON, en 1870, a participé à la fondation à MIRECOURT d'un atelier de fabrication à l'enseigne de "Sainte Cécile", dont Jean-Joseph MARTIN fut le directeur.
Cet atelier, transformé ensuite en "Union Ouvrière" avait son siège social rue du Baillage.
Dans le livre de Raffin / Millant "l'Archet", on peut lire à ce propos : "C'était une sorte de coopérative, réunissant plusieurs maisons de lutherie et d'archèterie, où tous les instruments à cordes et accessoires étaient offerts à la vente au plus bas prix. Jean-Joseph MARTIN était le gérant de cette Union, à laquelle la maison MENNESSON était associée dans les premières années" (2).

En tant que directeur, JJ MARTIN forma une formidable équipe d'artisans, dont ses beaux-frères Auguste et Louis Nicolas MOUGENOT, Gabriel VOIRIN, et Georges DEROUX, ce dernier étant censé avoir initié MENNESSON à la lutherie. Cette Union dura jusqu'en janvier 1880, date à laquelle elle fut déclarée en "faillite excusable". (3)

D'après René Vannes, MENNESSON aurait transféré son atelier de production à Reims en 1880, suivi par Georges DEROUX (3).
Le décès de Georges DEROUX à Reims en 1889 est un élèment qui semble confirmer cette collaboration.  (4)

Atelier
William BRADBRIDGE nous apprend qu'en 1919, le Conservatoire de Reims, détruit lors du conflit de 1914-1918, s'installe rue Carnot. La maison Mennesson, également détruite, déménage dans un local provisoire devant le nouveau conservatoire et y poursuit uniquement son activité commerciale.
L'entreprise restera active jusque dans les années 1930.
HENLEY note que Jean, le fils d'Emile MENNESSON, succède à son père en 1919. (5)

Travaux
Instruments :
Deux types de production peuvent être distinguées :
- La première comprend des instruments de bonne qualité, dans le style personnel de MENNESSON, caractérisés par des volutes ayant l'arrière du cheviller nettement creusé, ainsi que les pattes d'FF.
Ces instruments sont habillés d'un vernis riche et transparent,  rouge-rose ou rose-orangé.
En ce qui concerne la sculpture de la tête, on peut y reconnaître, marquée par une exagération des traits, l'influence de l'école de DERAZEY. Celle-ci a été certainement transmise à MENNESSON par l'intermédiaire de Georges DEROUX, ancien élève d'Honoré DERAZEY. (Voir #2024 dans la section ARCHIVES)
Pour autant que nous le sachions, E. MENNESSON n'a utilisé que des fonds d'une seule pièce pour ses violons dans cette qualité.
- La deuxième catégorie d'instruments est proche, par le style, du travail des grands ateliers de production de MIRECOURT. On y retrouve atténués certains traits typiques de sa production haut de gamme. Le vernis de ces instruments peut varier de l'un à l'autre, ainsi que le modèle.

Le catalogue de 1878 de la maison Mennesson propose violons, altos, violoncelles et contrebasses mais d'après notre expérience la majorité de la production de MENNESSON est composée de violons. L'alto #424 est le seul exemplaire qui nous soit connu, et nous avons pu examiner aussi quelques rares violoncelles, dont le très bel exemplaire, daté de 1877,  lot n° 67 du catalogue de novembre 2023 de la maison AGUTTES. (6)

Les instruments les plus anciens attribués à ce facteur datent de 1874. De nouvelles informations d'un de nos correspondants américains apportent de précieux renseignements sur la production de l'atelier de MIRECOURT durant ses premières années de développement.
Ce correspondant, en possession d'un violon MENNESSON de 1874, nous informe que son instrument porte le numéro 85. On peut donc en déduire que l'atelier MENNESSON produisait une vingtaine d'instruments par an durant cette première période d'activité.
Evidemment, ces quantités ont augmenté par la suite comme le prouve l'étude des numéros figurant sur les étiquettes des instruments (s'ils sont fiables) : pour les deux types d'instruments confondus, on peut évaluer une production annuelle de 50 instruments avec des dates et des numéros allant de 1878 ( N°1460) à 1903 (N°2692).

Archets
Les archets portant la marque GUARINI ont été réalisés par différents archetiers, principalement de MIRECOURT.
Parmi ceux-ci, on trouve :
BARBÉ Auguste.
CUNIOT Eugène.
MARTIN Jean-Joseph

Étiquettes et marques
Les pratiques commerciales d'Emile MENNESSON, comme celles de nombreux luthiers du XIXe siècle, ont été influencées par le grand maître français Jean Baptiste VUILLAUME. La numérotation des instruments, l'établissement de productions distinctes entre le haut de gamme et les instruments d'étude, et l'attribution de noms à différents modèles (par exemple "Champenois", "Sainte Cécile") sont autant d'influences directes de VUILLAUME.
En ce qui concerne les étiquettes, on constate que les instruments de premier choix portent à la fois son nom et son surnom, "Joseph GUARINI".
William BRADBRIDGE note que l'ordre d'apparition de ces deux noms peut être inversé.
Les étiquettes des instruments de la catégorie "Élève" peuvent porter les mentions "Sainte Cécile", "Modèle Champenois" ou "GUARINI".
Les archets sont marqués "J Guarini" (voir iconographie).

Honneurs et récompenses
D'après le catalogue de 1878 MENNESSON a obtenu six médailles aux expositions de Reims, Paris et Philadelphie, dont celles d'Honneur, d'argent et d'or.
Il a également reçu la décoration de l'Ordre Royal du Christ du Portugal.

Collaborateurs
Outre Georges AUBRY, Georges DEROUX et Gabriel VOIRIN, Louis MARTIN, fils de Jean-Joseph MARTIN, a collaboré à la fabrication des instruments de MENNESSON.

Sources1 -
1 - Willam Bradbridge - entretiens , correspondance personnelle.
2 - (Millant - Raffin 2000)
3 - (Millant - Raffin 2000)
4 - (Vannes R 1981)
5 - (Henley W. 1997. Reprint de l’édition 1973)
6 - https://issuu.com/aguttes/docs/cat_instru_20231127_issu1

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